Psychopathologie : TD n°4 Les troubles psychomoteurs Certains troubles moteurs (retard psychomoteurs, certaines hypotonies, maladresse, instabilité, inhibition, tics etc.) ont une dimension psychique notable et proviennent des relations étroites qu’entretiennent la motricité et la vie mentale tant cognitive qu’affective. Ces troubles psychomoteurs se manifestent à la fois dans la façon dont le corps est engagé dans l’action mais aussi dans la relation avec autrui (posture, attitude, mimique). Il faut éliminer les atteintes organiques bien que la dimension psychologique puisse s’intriquer dans ces cas (réaction du sujet et de l’environnement à une atteinte par exemple). Ceci entraîne donc une double approche : anatomique (neurologique) et psychologique. Pour information, le maintien de la tête s’acquiert vers 3 mois, la position assise vers 7-8 mois, la station débout avec marche vers 12-18 mois et la préhension vers 5 mois. La notion de schéma corporel : praxie (représentation que l’enfant a de son corps) est importante, dépend de beaucoup de choses (sensations diverses) et se construit progressivement. La capacité de dessiner un rond est atteinte à 3 ans et le premier bonhomme « têtard » apparaît vers 3-4 ans. Le syndrome hyperkinétique : Il associe trois ensembles de signes : - Déficit de l’attention : le sujet n’écoute pas, est vite détourné de sa tâche, passe d’un jeu à un autre, a des difficulté à se concentrer etc. - Impulsivité : la réponse est trop rapide durant une situation sans tenir compte des informations disponibles qui pourraient amener l’enfant à modifier son comportement. - Hyperactivité : l’enfant est en « perpétuel » mouvement. Ce syndrome toute plus les garçon que les filles et on le constate généralement à l’entrée du CP, vers 5-6 ans (début des apprentissage etc.). Souvent l’enfant est rejeté du milieu scolaire et peut perdre son estime en lui. Souvent on peut observer une dépression sous-jacente. Parfois il y a juste une instabilité psychomotrice souvent due à un sentiment d’angoisse et d’insécurité interne (situation de séparation précoce par exemple). Maladresse et lenteur : Souvent la maladresse de l’enfant signale son malaise (milieu familial, relationnel, scolaire). Il y a difficulté et lenteur dans les différentes activités quotidiennes. Il peut y avoir un trouble des apprentissages scolaires (dysgraphie, problème de lecture etc.) Troubles du tonus musculaire : Il y a différentes formes de troubles du tonus : - Dystonie : contraction musculaire anormale et inadaptée qui apparaît au cours d’un mouvement. - Syncinésie : contraction ou mouvement de certains muscles alors que les mouvements ont lieu dans d’autres parties du corps. - Paratonie : anomalie du tonus de fond, impossibilité de réaliser un relâchement musculaire volontairement. - Hyper ou hypotonie : plus fréquentes chez les bébés comme manifestation psychosomatique. Tics : C’est un mouvement soudain, récurent, non rythmique, impérieux et involontaire. Les tics de la face sont les plus fréquents mais il en existe de la tête, du coup, des épaules, des tics respiratoires ou phonatoires. Les tics impliquent des muscles ou groupes musculaires ayant un rôle dans la communication sociale. Ils surviennent rarement avant 6-7 ans, leur évolution est souvent capricieuse (apparaître ou disparaître, changer de place) et ils peuvent être mineurs ou majeurs. On a des tics passagers, qui correspondent à un état de tension (souvent due à un facteur déclenchant) déchargée par le tic ; d’autres sont plus installés et peuvent être dus à un état névrotique de l’enfant. Syndrome de Gilles de la Tourette : Il associe des tics multiples assez souvent une écholalie (répéter ce qu’on vient d’entendre), une coprolalie (mots grossiers). Il peut s’accompagner de mouvements plus importants du tronc ou des bras par exemple. Inhibition psychomotrice : Il y a souvent une forte charge de tension qui se retourne vers une inhibition. L’enfant est en retrait, ne participe pas aux activités habituelles (jeux etc.). Trouble de la latéralisation : L’acquisition de la latéralité se fait entre 3 et 6 ans. On peut être droitier ou gaucher homogène mais il peut y avoir une mauvaise latéralisation qui entraîne un trouble du schéma corporel et de l’organisation spatiale. Ce trouble peut se répercuter sur des tâches comme l’écriture par exemple (dysgraphie). Note sur les névroses chez l’enfant : Les névroses ont d’abord été définies chez l’adulte comme des entités caractérisées, stables. Chez l’enfant, les frontières entre normal et pathologique sont plus floues, les limites entre angoisse normale et névrotique sont difficiles à tracer, la différenciation des troubles les uns par rapport aux autres n’est pas aussi nette que chez l’adulte. On peut voir succéder à des troubles névrotiques, des troubles d’une autre lignée : les troubles névrotiques peuvent coexister (on parlera plutôt de symptômes névrotiques que de névroses avérées). Leur organisation ne correspond pas toujours à une organisation stable et leur évolution est imprévisible. |