Psychopathologie : TD n°3

Troubles de l’oralité

La fonction oro-alimentaire est la première fonction sur laquelle s’étaie la relation de l’enfant avec son entourage. C’est la première source de satisfaction et la première voie de décharge des tensions internes. On distingue deux fonctions dans l’allaitement : l’ingestion de nourriture qui satisfait la faim et la soif et la décharge de tension par la satisfaction orale.

A un âge précoce, les tensions liées aux disfonctionnements de la relation mère / enfant peuvent retentir sur le fonctionnement de la zone oro-alimentaire et, faute d’autre moyen, le nourrisson ou l’enfant jeune peut être amené à réagir à ces tensions par une perturbation de la fonction oro-alimentaire.

L’anorexie du nourrisson :

Elle survient souvent au cours du deuxième semestre de vie. L’enfant se met à refuser de façon plus ou moins totale la nourriture que lui propose sa mère. On distingue deux attitudes : passive où l’enfant se laisse gaver pour rejeter par vomissement une partie de la nourriture, et active où l’enfant serre les dents, tourne la tête, refuse la cuillère, recrache etc.

En général, ce symptôme ne concerne que la nourriture solide (l’enfant ne se laisse pas mourir de soif) et ne retenti pas sur la courbe de taille. En général, il s’agit d’un trouble électif (seulement avec la mère par exemple). Souvent, la mère va forcer la prise de nourriture par divertissement ou par la force. Très souvent, les mères ne peuvent supporter ce refus de nourriture qui provoque une angoisse profonde, une blessure narcissique considérable qui signifie pour elles un échec de leur fonction maternelle. On parle de symptôme réactionnel (forme simple) lorsqu’il résulte d’un facteur déclenchant (naissance d’un frère / d’un sœur, nouveau mode de garde etc.) mais il y a aussi des formes plus complexes.

Le mérycisme :

Ce syndrome associe deux éléments : un vomissement provoqué par un effort de contraction des musculatures et une rumination du bol alimentaire régurgité. Pendant ces périodes de rumination, l’enfant est replié sur lui-même, désintéressé de ce qui se passe autour de lui.

Il y a un aspect de carence affective et relationnelle causé souvent pas une déprivation maternelle. C’est un symptôme qui survient dans le deuxième semestre de la vie. Dès qu’on entre en relation avec l’enfant, il abandonne cette activité. Ce symptôme nécessite une prise en charge adaptée précoce et intensive et peut se trouver ou évoluer vers un tableau psychotique.

Le pica :

C’est la complaisance dans l’absorption de substances non-alimentaires (terre, craie, savon papier etc.). Souvent, il existe un trouble relationnel mère / enfant dans le cas d’un pica persistant.

L’anorexie de l’adolescent :

Elle survient en général chez une jeune fille entre 12 et 20ans. La triade symptomatique est l’amaigrissement, l’anorexie et l’aménorrhée.

-         Amaigrissement : il est spectaculaire (à partir de 10% du poids d’origine mais peut atteindre 25% voire plus). Il y a fonte des réserves graisseuses et des formes féminines effacées. Il y a souvent méconnaissance par le sujet de sa maigreur à des degrés différents et des troubles de la perception de son corps.

-         Anorexie : c’est une conduite active de restriction alimentaire. Elle peut tirer son origine d’un simple régime. Tout finit par tourner autour de la nourriture avec une lutte contre la faim (tri des aliments, pesages multiples, rapport à la nourriture qui devient obsédant).

-         Aménorrhée : absence de règles.

En général, la sexualité est totalement désinvestie et on a un investissement intellectuel qualifié d’excellent. En général, il y a difficulté d’indentification à la mère, d’assumer les fonctions génitales et les transformations liées à la puberté. Le père est souvent absent. Les jeunes filles anorexiques sont souvent dans la maîtrise du corps (ingestion contrôlée, vomissements provoqués, prise de médicaments diurétiques ou laxatifs pouvant engendrer des troubles hydroélectrilytiques).

L’anorexie est beaucoup plus rare chez le garçon (5 à 10% des cas). Il y a perte de la libido et des érections en remplacement de l’aménorrhée. Souvent, le tableau est plus grave (troubles sous-jacents plus profonds).

Souvent, on est obligé d’hospitaliser les sujets, avec contrats de poids (certains avantages sont donnés à partir d’un certain poids). Il peut y avoir guérison, rechute, ou « chronicisation » (rapport à la nourriture qui restera compliqué mais largement moins grave).

L’adolescence est une période où le sujet, comme dans la petite enfance, recourt à des actes liés aux fonctions corporelles pour signifier son désarroi ou sa souffrance. L’adolescent se réfugie dans une satisfaction orale à un moment où il devrait aborder une génitalisation du plaisir.

Boulimie / conduit boulimique :

Elle fonctionne sous forme de crises avec consommation exagérée de nourriture de façon massive et frénétique, souvent en cachette, avec un choix d’aliments caloriques, bourratifs. Souvent, il y a vomissement provoqué quasi-automatique avec sentiment de malaise, de honte, de dégoût de soi. Il peut ne pas y avoir de prise de poids.

 

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