Psychopathologie : CM n°12

Psychopathologie de l’adolescence

Introduction :

L’adolescence :

L’adolescence est une période de changement (puberté, image du corps sexuée et libidinale) et de rupture. Elle marque la fin du développement intellectuel. C’est un passage entre l’enfance et l’âge adulte qui peut débuter d’après des critères physiques (puberté) mais se termine selon des critères sociaux (majorité, responsabilité pénale etc.). Il y a une grande importance des pulsions, un regroupements des pulsions partielles sous le prima de la génitalité, des modifications pulsionnelles et un certain narcissisme. C’est une période d’abandon, de deuil des images et objets infantiles et de grande importance de l’idéal de soi. Il y a remise en cause des indentifications et des identités. L’adolescence va réactiver les conflits oedipiens avec une certaine agressivité, oppositions, aux parents surtout.

Problématiques des conduites adolescentes :

-          Problème de l’agir et passage à l’acte.

-          Psychopathologie des conduites centrées sur le corps (troubles alimentaires par exemple).

-          Psychopathologie des processus de mentalisation.

-          La sexualité et ses troubles.

Agir et passage à l’acte :

Pendant l’adolescence, il y a opposition entre conduite agie et mentalisée. L’agir sera un des modes d’expression privilégiés des conduites et angoisses de l’adolescent. Les troubles du comportement sont un des motifs les plus fréquents en psychiatrie de l’adolescent.

Facteurs favorisant l’agir :

Facteurs environnementaux :

-          Changement de statut social.

-          Accession à l’indépendance et l’autonomie.

-          Les contraintes de la réalité : l’agir comme réaction à ces contraintes.

Facteurs internes :

-          L’angoisse.

-          Le remaniement de l’équilibre pulsion / défense.

-          Les modifications instrumentales : corps (force musculaire par exemple) et langage (inadéquat à traduire ce que ressent l’adolescent).

Passage à l’acte et psychopathologie :

Les modes de passage à l’acte sont très divers : colère clastique, vol, agression, fugue, conduite sexuelle, suicide, addiction etc. L’aspect répétitif des passages à l’acte (notamment du même passage à l’acte) signe la pathologie. Le passage à l’acte peut être le symptôme d’une psychopathologie avérée comme la psychopathie, la psychose ou la névrose. L’hyperactivité de l’adolescent peut être comprise comme une défense contre la dépression.

Auto-agressivité : tentative de suicide :

Définition :

C’est une des conduites les plus significatives de l’adolescence. Il s’agit d’un geste ultime et désespéré de maintenir ou rétablir une relation aux autres. Un des problèmes qui se pose est celui des récidives. La tentative de suicide ne signe pas forcément un trouble de la personnalité selon certains auteurs.

On définit la tentative de suicide comme une volonté ou un désir conscient et délibéré de se donner la mort. Des équivalent suicidaires sont des comportements qui, par leur nature, mettent en péril la vie du sujet ou son intégrité physique.

C’est une des principales causes de mortalité après les accidents de la circulation. Le taux de tentative est élevé mais le taux de mortalité est plus faible qu’à d’autres âges. Le taux de récidive est de 30 à 50%. Au niveau des tentatives on compte deux filles ou un garçon (par un âge de 17 ans maximum) mais la relation s’inverse pour les décès. On retrouve souvent des caractéristiques familiales communes comme des conflits ou alcoolismes familiaux. Les facteurs individuels souvent rencontrés sont les échecs scolaires, les toxicomanies ou les diagnostics psychopathologiques (20 à 25% des cas dont 33% de personnalités pathologiques, 28% de névrose et troubles de la personnalité, 19% d’états dépressifs et 13% de psychoses).

Tentatives de suicide et significations psychopathologiques :

Plusieurs sens sont possibles : fuite, deuil (d’un projet impossible à réaliser dans l’avenir par exemple), châtiment, crime (suicide collectif), appel et chantage, ou jeu. L’acte suicidaire est une impulsivité associée à la tendance au passage à l’acte propre à l’adolescence, lorsqu’il y a défaillance des processus d’élaboration psychique.

Les facteurs favorisant sont la manipulation fréquente de l’idée de mort, une thématique dépressive et le besoin de maîtriser sont corps (en réaction à ses changements). Les troubles de l’humeur jouent un rôle important dans leur versant narcissique (dépit, honte) ainsi que les défaillances de l’idéal du moi. Il peut aussi s’agir d’un échec du second processus de séparation-individuation (engendrant une angoisse de séparation particulièrement vive).

L’adolescent suicidant et son environnement :

L’environnement familial est souvent perturbé. Dans ces familles, l’adolescent est souvent le lieu d’une projection parentale excessive (identification projective, cristallisation de la souffrance familial sur l’adolescent). La barrière entre les générations est souvent confuse. Dans la période pré-suicidaire, l’adolescent doit faire face à une série d’évènements dont la sommation abouti à un effondrement de ses capacités de réponse.

 

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