Psychopathologie : CM n°1&2 La naissance de la psychopathologie de l’enfant Du 16ème au 18ème siècle, on s’intéresse surtout aux déficiences sensorielles (cécité, surdi-mutité). A Itard (1774-1838), on attribue une certaine méthode d’éducation. A l’institut des sourds-muets, il va décrire un groupe dont le mutisme a une cause psychologique. J.P. Falret fonde à la Salpêtrière la première école pour idiots (1821). Ferrus fonde à Bicêtre un centre pour épileptiques et idiots (1828). Edouard Seguin (1812-1880) est un éducateur d’enfants arriérés profonds. Il fonde en 1839 une école d’instruction pour les enfants idiots. Hippolyte Vallé est un écrivain ayant un rôle d’instituteur à Bicêtre. Il succède à Seguin et achète une propriété à Gentilly pour accueillir les enfants idiots (fondation Vallé dont Bourneville sera médecin). Désiré Bourneville (1840-1909) : Il est assistant de Charcot à la Salpêtrière (1871-79) puis nommé médecin-chef à Bicêtre et médecin directeur de la fondation Vallé (1874). Trois actions le caractérise : une volonté de réformer le système des asiles pour un véritable lieu médico-éducatif pour les enfants, créer des classes spéciales pour les enfants idiots hospitalisés et essayer de modifier le système législatif dans ce domaine. - Entre 1882 et 1892, il crée un quartier spécial pour enfants (jusque là mélangés aux adultes), plus esthétisé. Les soins sont médico-éducatifs : hygiène élémentaire, apprentissage, formation à des métiers. Les enfants confiés à Bourneville étaient de tous types : encéphalopathies, troubles neurologiques (épileptiques), handicaps moteurs, altération graves de la personnalité (psychoses), enfants « pervers ». - Des classes spéciales sont crées pour prendre le relais d’enfants sortis de l’hôpital et ainsi les rapprocher de leurs familles (par rapport à l’hôpital). Elles admettent les idiots qui se sont améliorés ainsi que les arriérés et imbéciles qui n’ont pas de perversion. Binet sera très hostile à ces classes qui n’aboutiront pas. - Dans la loi de 1838, les enfants ne sont pas mentionnés pour les asiles et sont donc assimilés aux adultes. Les enfants trouvés dans la rue, abandonnés par les parents, sont placés selon les mêmes systèmes que les adultes. Bourneville tente de faire créer des établissements spéciaux pour la prise en charge de ces enfants. Il s’attaque aussi aux conditions de placement, notamment les pratiques de transfert (enfants séparés du département de leur famille). Il veut donner davantage d’information aux familles sur les placements volontaires et d’office. Il dénonce la responsabilité du gouvernement, des médecins et des commissaires de police pour le manque d’information et les conseils d’abandonner les enfants handicapés. Il y a, de plus, une inégalité sociale dans le traitement des enfants car certains placements privilégiés ne sont pas accessibles pour tous. Cette œuvre sera vouée à l’échec et il faudra attendre près de 50 ans pour une véritable prise en charge infantile. A partir des années 50, il y a émergence des soins psychopathologiques qui se fait à travers une politique de sectorisation qui se mettra véritablement en place en France pour l’enfant en 1972. Plusieurs courants d’idée vont permettre cette sectorisation : directives relatives à l’hygiène mentale infantile, développement de la psychologie de l’enfant (H. Wallon, 1925), psychopathologie de l’enfant, influence de la psychanalyse (A. Freud, M. Klein, Winnicott). En 1916 sont institués des centres d’hygiène sociale (lutte contre la tuberculose) qui deviendront des centres d’hygiène mentale. Il y aura volonté politique d’organisation de structures pour prendre en charge les enfants. En 1938 sont mises en place des consultations spécifiques de neuropsychiatrie infantile. En 1958, Serge Lebovici ouvre un centre de consultations destinées aux enfants ainsi qu’un hôpital de jour en 1960 dans le cadre de l’association de santé mentale du 13ème arrondissement de Paris. Une circulaire du 13 septembre 1961 va préciser les conditions d’hospitalisation des enfants de moins de 16 ans (plus d’enfants dans les services adultes). Les enfants éducables ou semi-éducables ne doivent pas rester à l’hôpital mais dans des instituts médico-pédagogiques. En 1963 est créé un secteur de neuropsychiatrie infantile par Mises. A partir de 1972, on verra se créer des secteurs infanto-juvéniles indépendants des services adultes, sectorisés et publics. Cette mise en place va avoir un impact sur les connaissances et classifications, et il y aura continuité d’une action par une même équipe. L’enfant est aussi maintenu dans son milieu de vie et l’accent est mis sur la prévention. |