Psychologie expérimentale : CM n°2-3&4 Les activités perceptives Introduction générale : Stimulation, excitation, sensation et perception : Stratton a fait une expérience en faisant porter des lunettes inversant tout et a constaté que les sujets s’adaptaient. La perception n’est donc pas que des sensations brutes mais le résultat de l’interprétation des sensations qu’ont les sujets du monde extérieur. La stimulation n’est qu’un élément du monde extérieur qui peut être perçu ou non. Si la stimulation est effective, elle donne lieu à une excitation : modification passagère, réversible, de l’activité de certaines cellules. On parle de sensation quand l’excitation produit une réaction globale de l’organisme. Perception et réponses perceptives : C’est la structuration qui caractérise la perception. Elle se construit à partir de sensations élémentaires. La réponse perceptive la plus élémentaire est la détection, puis vient la discrimination, l’identification et enfin l’estimation. Les deux premiers niveaux sont souvent appelés des échelles de confusion. Relation entre le changement physique et l’expérience psychologique associée : la psychophysique : Seuil absolu et seuil différentiel : Le système des sensations n’est pas un système de tout ou rien mais il y a une variabilité. Pour déterminer les seuils, il faut donc se baser sur des probabilités. Le seuil absolu est la valeur minimale de stimulus qui provoque une sensation chez l’individu (dans 50% des cas en général). Le seuil différentiel est la quantité minimale dont il faut faire varier un stimulus pour produire une sensation différente chez l’individu (dans 50% des cas en général). Cette valeur va correspondre à une unité de différence de sensation : le jnd (just noticable difference). Il y a trois méthodes classiques pour déterminer les seuils : - Méthode d’ajustement : le sujet ajuste lui-même le stimulus pour faire apparaître ou disparaître la sensation. C’est une méthode critiquée car il n’y a pas de probabilités de la réponse. - Méthode des limites : on présente un stimulus dans des séries croissantes et décroissantes (on fait augmenter ou diminuer les valeurs) jusqu’à ce que le sujet déclare avoir perçu le stimulus : seuil absolu. Même principe pour les seuils différentiels mais avec un étalon. - Méthode constante (méthode des cas vrai ou faux) : on présente les stimulus dans un ordre aléatoire et en grand nombre. En plus de deux seuils, on peut aussi déterminer le point d’égalisation subjective (valeur qui paraît égale à l’étalon pour le sujet, dans la recherche du seuil différentiel). « Loi » de Bouguer – Weber : C’est la mise en évidence que le seuil différentiel est proportionnel à l’intensité des stimuli : ∆I/I = k (seuil différentiel relatif ou fraction / rapport de Weber). Fonctions et « lois » psychophysiques : Fechner : Il reprend le postulat de Weber pour chercher à définir une unité de sensation (cf. Schéma TD1). Pour mettre en relation une échelle géométrique (continuum physique) et une échelle arithmétique (continuum sensoriel), il en a déduit un rapport logarithmique à partie du postulat que ∆S = constante (jnd), d’où ∆S = a.∆I/I, donc S = a.logI. Stevens : Ce qui le différencie de Fechner c’est qu’il ne part pas du postulat de constance du jnd mais de celui que le jnd est proportionnel à la valeur de la sensation (∆S/S = constante). Il en déduit : ∆S/S = α.∆I/I d’où logS = α.logI + b, donc S=b.Iα. Stevens se distingue aussi par ses méthodes de mesures : elles sont directement estimées par les sujets (contrairement à Fechner pour qui elles sont indirectes). La théorie de la détection du Signal (Tanner et Swets, 1954) :
Les réponses vont varier selon les conditions (coût de la réponse) et d’éventuels renforcements (récompense par exemple). On peut établir une courbe ROC où l’on représente le pourcentage de détection correcte en fonction du nombre de fausses alarmes. On remarquera par exemple plus de détection correctes si on ne pénalise pas les fausses alarmes et qu’on récompense ces détections correctes). Ces courbes ROC permettent de déterminer la capacité de discrimination des sujets mais on peut la faire varier sur une courbe en modifiant le coût et les gains. On peut établir alors une courbe d’isocritères qui représente les différents critères de décision des sujets. Diversité des approches théoriques : - Béhavioriste : fait correspondre stimulus et réponse. - Gestaltiste : née en Allemagne avec Von Ehrenfels (1890) qui a effectué la transposition d’une mélodie et constate que la forme est à part et est indépendante du tout. Les trois grands noms sont Köhler Wertheimer et Koffka. Il s’agit d’une vision top-down où la perception est entièrement déterminée par les cognitions du sujet. - Ecologique : née avec Gibson et l’idée que toutes les informations nécessaires à la perception sont dans l’environnement et ce sont les déplacements de l’observateur qui vont changer l’arrangement optique. La structuration de la perception est donc automatique. La notion d’affondance est la notion que les objets contiendraient des potentialités (inviteraient en quelque sorte à faire quelque chose). - Transactionnaliste : la perception résulte d’une transaction, d’une relation avec l’environnement qui consiste à l’émission permanent et inconsciente d’hypothèse sur celui-ci dont seule une vient à la conscience. Deux grands noms : Ames et Ittelson. - Cognitive : on essaie d’analyser en unités des informations en tenant compte des informations descendantes et ascendantes. Travaux de Marr. Quelques exemples de problèmes classiques : Les « illusions » perceptives : Notre système de perception effectue certaines corrections qui vont modifier la perception que nous auront et qui sera différente des caractéristiques physiques du stimulus. Les illusions optico-géométriques sont une partie des illusions perceptives. Ce sont des illusions qui portent sur la grandeur, la forme ou la direction d’un ou plusieurs éléments dans une figure géométrique. Seuls ils ne sont pourtant pas déformés mais c’est l’insertion dans la figure qui provoque cette déformation : un élément déformant et un déformé. Ces illusions sont pratiquement insensibles à la répétition et sont aussi universelle. On les trouve aussi chez les animaux. La plupart de ces illusions n’ont pas trouvé d’explication. Les constances perceptives, l’exemple de la constance de la taille : Des objets restent identiques en forme, en couleur ou en taille, alors que les stimulations périphériques changent (par exemple, on n’a pas l’impression que la forme d’une porte change quand elle s’ouvre, pourtant elle n’apparaît plus rectangulaire quand elle est entrouverte ; de même, on n’a pas l’impression de voir la taille d’une personne changer si elle s’éloigne assez peu alors qu’elle devrait apparaître légèrement plus petite). Pour avoir une conscience de la taille, il faut pouvoir percevoir la profondeur. Cette caractéristique peut être perçue par différents indices ; des indices monoculaires : un objet qui cache partiellement un autre est perçu devant (occultation), perspective (lignes de fuite, écart à la ligne d’horizon, texture, ombres), mouvement de la tête et accommodation ; ou des indices binoculaires : convergence et disparité rétinienne. La constance apparaît grâce à des processus de correction de ces indices. La perception des formes et des objets : - La gestalt : le tout apparaît avant les parties et la forme est à part, indépendant du tout ou parties. - Le « new look » : courant qui s’est développée à la fin des années 40 avec notamment Bruner, qui s’intéresse à étudier la motivation et l’attitude dans la perception. - Les « géons » de Biedermann : géons signifient ions géométriques qui permettraient en tant qu’éléments géométriques de base, de reconstituer tous les objets (24 géons pour Biedermann). - La théorie de Marr ou thérie « bottom-up » : il y a d’abord esquisse primaire (ou primal sketch) dépendante de l’observateur. C’est la construction d’une représentation des contours et de la lumière réfléchie par les surfaces de l’objet. Viens ensuite l’esquisse 2D et demie (toujours dépendante de l’observateur). On a alors des informations sur la profondeur à partir des ombres, des mouvements, de la texture et des écarts binoculaires. Enfin vient le modèle 3D (centré sur l’objet – la représentation stockée ne dépend pas du point de vue de l’observateur) qui consiste en la reconnaissance de l’objet. |