Psychologie expérimentale : CM n°12

Le traitement syntaxique (parsing) :

On ne dispose pas encore de réponse sur l’unité de traitement qu’il faut adopter pour le traitement syntaxique. Les informations traitées sont : la ponctuation, l’ordre des mots, les informations morphologiques et les informations lexicales (certaines informations lexicales étant inscrites dans le lexique lui-même).

La résolution des ambiguïtés syntaxiques locales (catégorielles ou référentielles) :

C’est  une situation privilégiée pour étudier le fonctionnement de l’analyseur syntaxique. Les ambiguïtés dites locales sont levées dans la suite de la phrase. On dispose de trois types de modèles :

-          Traitement différé : le traitement a lieu après que l’ambiguïté ait été levée mais cela voudrait dire qu’il y aurait possibilité d’oublier la phrase en attendant.

-          Traitement parallèle : on construit les différentes possibilités en même temps, mais c’est coûteux en mémoire de travail.

-          Traitement sériel : on construit une représentation et si elle ne convient pas, on revient en arrière. Le modèle de ce type le plus connu est celui du « Garden Path » de Frazier.

Frazier a énonce les principes de l’attachement minimal selon lesquels on construit la représentation la plus simple en priorité pour des raisons d’économie cognitive. Selon lui, on procède aussi à la clôture tardive si deux construction sont aussi simples : pour des raisons d’économies de mémoire, on attache les propositions ou expressions ambiguës aux derniers syntagme. Mais ça n’est pas vérifié expérimentalement pour le français ou l’espagnol.

Le traitement syntaxique peut s’étudier « on line » par l’amorçage syntaxique (technique du mot sonde). On présente, au moment de l’ambiguïté syntaxique, un mot sonde (dans une autre modalité) n’ayant aucun rapport sémantique avec la phrase. On mesurera le temps de décision lexicale pour ce mot sonde en fonction de sa catégorie syntaxique : si le sujet s’attendait à avoir un verbe dans la phrase, la décision sera plus rapide pour les sondes étant des verbes.

Le traitement sémantique :

Une approche de la représentation de la signification des mots : l’approche componentielle de Katz et Fodor (1963) :

Selon Katz et Fodor, on découpe les mots d’après leurs traits : catégorie grammaticale, trait sémantique supposés universels (matériel / non matériel ou animé / inanimé par exemple) pour aboutir à des « différenciateurs » sémantiques correspondants aux différentes acception d’un mot.

L’illusion « Moïse » (Erickson et Mattson, 1981) :

« Combien d’animaux de chaque espèce Moïse a-t-il emmené dans son arche ? ».

Moïse et Noé partageant beaucoup de traits sémantiques, il peut y avoir illusion, confusion.

Une approche de la représentation de la signification des textes : l’approche propositionnelle de Kintsch et van Dijk (1978) :

Selon Kintsch et van Dijk, on découpe le texte en propositions selon un prédicat indiquant les propriétés ou les relations des arguments et non en propositions syntaxiques.

Par exemple : « Agnès dit que le petit chat est mort » se découpera :

-          (1) DIRE (Agnès, lien avec la proposition 2)

-          (2) MORT (chat)

-          (3) PETIT (chat)

Les propositions (2) et (3), nous montrent qu’il peut y avoir plusieurs arguments dans une seule proposition syntaxique.

L’indétermination du sens est un problème général qui concerne aussi :

-          le traitement lexical : flexibilité sémantique (même mots non ambigus qui peuvent avoir des propriétés différentes, par exemple : déménager un piano / jouer du piano), ambiguïté lexicale, expression idiomatiques (sens littéral et figuré, par exemple : il est tombé dans les pommes).

-          le traitement syntaxique : ambiguïté syntaxique.

-          les aspects pragmatiques : demandes indirectes, ironie, sarcasme qui dépendent des condition d’utilisation et non du sens.

Aspects pragmatiques :

La pragmatique concerne les conditions d’utilisation du langage et fait intervenir les connaissances que le sujet a du monde.

Informations anciennes et informations nouvelle (Given et New) : des présupposition aux inférences :

En général, les informations anciennes sont introduites par les articles définis. Le fait d’avoir à faire une inférence (pour lier deux propositions par exemple) augmente le temps de traitement. En français, on préfère les phrases où l’on commence par l’information ancienne (avec pronom défini).

Le « principe de coopération » de Grice et ses transgressions apparentes :

-          Maxime de quantité : donner toutes les informations à l’interlocuteur.

-          Maxime de qualité : dire la vérité.

-          Maxime de relation : ne pas être hors sujet.

-          Maxime de manière : être clair pour se faire comprendre.

Certaines situations sont faites pour transgresser ces règles : l’ironie par exemple transgresse la maxime de qualité.

Les actes de langage (« speech acts » ; Austin, Searle) :

Certaines paroles ne sont pas que communication mais actes (« je vous déclare chevalier » etc.).

 

Retour