Psychologie différentielle : CM n°2&3

Approche factorielle de l’intelligence

Principe général :

L’approche factorielle en Angleterre et aux Etats-Unis est une approche fondée sur des analyses statistiques dont le but était de mettre en évidence la structure de l’intelligence. Le principe général est que la méthode d’analyse factorielle consiste à calculer s’il existe des groupes d’épreuves qui corrèlent entre elles plus qu’avec les autres.

Les clusters, les notes en facteur :

(Polycopié tableau 1 : matrice de corrélation entre 6 tests).

Analyse : les tests 1 et 2 corrèlent fortement (.72), ainsi que les tests 1 et 6 (.63) et les tests 2 et 6 (.56). Par ailleurs, les tests 3 et 4 corrèlent fortement (.64), ainsi que les tests 3 et 5 (.48) et les tests 4 et 5 (.48).

(Tableau 2 : réécriture de la matrice) : mise en évidence de deux clusters.

(Tableau 3 : coefficient de saturation des 6 tests).

Les différents modèles factoriels : Spearman, Thurstone, Burt et Vernon, Horn et Cattell, Gustafsson :

Spearman : modèle bi-factoriel (1904) :

Il réalise un ensemble de mesures très variées (psychophysiques, d’intelligence, scolaires) et met en évidence l’existence d’un facteur commun (g) à toutes ces mesures et d’un facteur spécifique (s) à chacune d’elle. Le facteur g est interprété comme une capacité différentielle, innée pour Spearman, d’énergie mentale et de raisonnement logique (figure 2 p 61).

Des vecteurs orthogonaux représentent les facteurs 1 et 2 (quand des vecteurs sont orthogonaux, la corrélation entre ces facteurs est de 0). Les tests sont représentés par des vecteurs fléchés (un angle aigu représente une corrélation positive). Tous les tests ont une corrélation positive entre eux. Le type d’analyse est une analyse avec composantes principales avec facteurs orthogonaux où la première composante principale (facteur 1=g) explique le maximum de la variance totale. Représentation schématique du modèle de Spearman (figure 3).

Thurstone : modèle multi-factoriel (1938) :

Il fait également passer de larges batteries de tests mais cette fois on a plusieurs facteurs relativement indépendants rendant compte d’un certain nombre de tests. Ces facteurs sont interprétés comme des aptitudes primaires qui permettent de représenter les forces et faiblesses de l’individu sous forme de profils et non de score unique (figure 6, 7 : PMA=primary mental abilities, 8 p62).

La technique de Thurstone est la rotation varimax. Les facteurs sont ajustés au plus près de faisceaux de vecteurs qui représentent les tests et les facteurs sont toujours orthogonaux. Dans cette technique, chaque facteur explique le maximum de la variance de ce faisceau (figure 5).

Comme les facteurs ne sont pas purement indépendants, les facteurs ne sont plus orthogonaux mais corrélés positivement. D’où la corrélation de second ordre entre les facteurs primaires qui correspond au facteur g (figure 9).

Les deux approches de Spearman et de Thurstone posent la question de savoir si l’intelligence est uni ou pluridimensionnelle. Cependant il est possible de mettre en évidence des corrélations entre les facteurs primaires de Thurstone (facteur général de second ordre). Spearman évitait de mettre deux tests qui se ressemblaient dans sa batterie.

Burt et Vernon : modèle hiérarchisé (1952) :

Les modèles existant ont été inclus dans des modèles hiérarchisés. On retrouve les facteurs primaires (facteurs communs à des petits groupes de test seulement) mais qui sont corrélés entre eux et permettent d’obtenir des facteurs de second ordre plus généraux (figure 10). Le facteur g est le même que celui de Spearman. Le facteur v:ed (verbal éducationnel) comporte les aptitudes verbales, numérique et scolaire. Le facteur k:m (kinesthésique, moteur) comporte les aptitudes kinesthésiques, spatiales et motrices.

Horn et Cattell (1966) :

Dans ce modèle (figure 11), on a trois facteurs (les plus importants) de second ordre : Gf, Gc et Gv. Horn et Cattell ont arrêté leur analyse et n’ont pas été jusqu’au facteur général de troisième ordre qui correspondrait à la corrélation entre les facteurs de second ordre d’où le fait que ces trois facteurs de second ordre sont appelés aussi généraux. Gf est l’intelligence fluide qui correspond à la résolution de tâches nouvelles, non familières. Elle est influencée par les facteurs biologiques et l’apprentissage incident (sans le faire exprès). Elle est surtout mise en œuvre dans des tests de raisonnement logique. Gc est l’intelligence cristallisée. Elle concerne la résolution de tâches où interviennent des connaissances antérieures. Cette intelligence est influencée par l’environnement et l’expérience. Gv est l’intelligence visuo-spatiale qui est en jeu lorsque les informations sont de nature visuo-spatiale.

Gustafsson (1984) :

A partir du modèle de Horn et Cattell, il a ajouté un facteur général de troisième ordre (figure 12). Sa technique a permis de rendre équivalent le facteur général et Gf. Ce modèle correspond à la structure de Burt et Vernon avec le vocabulaire d’Horn et Cattell.

 

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