Psychologie différentielle : CM n°10&11

L’origine des différences individuelles

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CM 10 MANQUANT

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Méthodes des jumeaux (monozygotes) :

Les différences entre monozygotes (élevés ensemble) ne pourrait s’expliquer que par des différences environnementales. Mais l’absence de différence (coefficient de ressemblance égal à 1) ne permet pas de dissocier l’effet de l’environnement de l’effet de l’hérédité. Il y a donc nécessité d’une approche comparative pour mettre en évidence les effets.

Comparaison monozygotes / dizygotes :

Si les monozygotes (MZ) se ressemblent davantage que les dizygotes (DZ), alors on estimera que l’hérédité est en cause dans le comportement observé. Par exemple, pour le QI global on a : rMZ=.85/.90 et rDZ=.50/.60. (avec r=coefficient de ressemblance).

Variables de personnalité (Plomin et al., 1990) :

 

rMZ

rDZ

Extraversion

.51

.18

Anxiété

.48

.20

Ouverture

.51

.14

Conscience

.41

.23

Agréabilité

.47

.11

Quelque soit le trait considéré, les monozygotes se ressemblent plus que les dizygotes (sachant que les variables de personnalité donnent toujours des corrélations plus faible que pour les tests de QI). On explique cette meilleure ressemblance soit du point de vue de l’hérédité, soit par un environnement particulier (basé sur les ressemblances physiques, le jeu de la famille envers les jumeaux etc.).

Comparaison monozygotes élevés ensemble / élevé séparément :

Les différences observées seront attribuées à l’effet de variables environnementales. La population est rare et les effectifs sont donc restreints.

Aptitudes intellectuelles :

 

rMZ élevés ensemble (71 paires)

rMZ élevés séparément (29 paires)

Raven

.66

.58

Mill-Hill

.74

.78

Score composite

.78

.71

Les résultats sont à peu près comparables que les monozygotes aient été élevés ensemble ou non. On attribue ces résultats proches par la proximité génétique. Pourtant, les résultats sont largement éloignés du score de 1.

Variables de personnalité :

 

rMZ élevés ensemble (71 paires)

rMZ élevés séparément (29 paires)

Anxiété

.56 (Newman)
.42 (Shields)

.58
.61

Extraversion

.46 (Wilde)

.75

Extraversion

.58 (Wilde)
.10 (Carter)
.29 (Price)

.19
.67
.57

Selon les résultats, les monozygotes se ressemblent plus quand ils ont été élevés séparément excepté dans l’étude de Wilde sur l’extraversion. Zazzo, dans « le paradoxe des jumeaux », donne une hypothèse d’explication selon laquelle des monozygotes élevés ensemble cherchent à se différencier l’un de l’autre (dynamique de la fratrie).

Méthode des adoptions :

Les enfants adoptés font l’objet d’études portant sur l’effet de changement d’environnement. Il faut pour cela disposer d’informations sur le milieu d’origine et le milieu d’adoption : les études sont donc rares, surtout développées aux États-Unis.

Biais de la méthode (qui peuvent être cependant contrôlés) :

-          Âge de la séparation avec le milieu biologique : souhaitable à la naissance, dans les premiers jours.

-          Âge de l’adoption : souhaitable qu’il suive au plus près l’âge de séparation.

-          Placement sélectif : tendance à faire adopter les enfants d’un milieu pas trop défavorisé et jugés « éveillés », dans des milieux socialement favorisés.

-          Effet de l’âge des parents : âge moyen des parents adoptifs souvent supérieur à celui des parents biologiques.

-          Lacunes des données familiales (surtout pour le père biologique).

-          Représentativité de cette population.

Exemple 1 : Etude de Capron (1988) :

L’objectif est l’étude du lien ente l’intelligence générale et le niveau socioculturel des parents pour étudier l’effet de l’environnement sur le développement de l’intelligence générale.

La méthode utilisée contient les critères suivants :

-          Enfants séparés à la naissance et adoptés avant l’âge de 6 mois.

-          Enfants nés et adoptés en France.

-          Enfants âgés de 14 ans environ au moment du test d’intelligence générale.

-          Milieu d’origine et milieu d’adoption répondant à des critères précis.

35 dossiers sont ainsi retenus sur 400 selon ces critères, puis le niveau socioculturel de la mère biologique est croisé avec celui des parents adoptifs.

 

Favorisé (+)

Défavorisé (-)

Milieu adoptif (A)

3 années d’études supérieures pour le père
ou 2 pour la mère, au minimum

Niveau d’étude égal au plus au certificat d’étude
ou formation professionnelle jusqu’à 16 ans

Milieu biologique (B)

Titulaire du baccalauréat au minimum
ou exercice d’une profession niveau cadre

Niveau d’étude égal au plus au certificat d’étude
ou formation professionnelle jusqu’à 16 ans

Les résultats sont présentés de la façon suivante : QI moyen (écart type) avec N=effectif.

 

A+

A-

Moyenne

B+

119.6 (12.25)
N=10

107.5 (11.94)
N=8

113.55

B-

103.6 (12.71)
N=10

92.4 (15.41)
N=10

98.00

Moyenne

11.60

99.95

 

Exemple 2 : Etude de Scarr (1971) :

Le point de départ est une observation d’un écart de QI global dans les étalonnages de Wechsler entre population blanche et noire (écart de 15 points en moyenne). Scarr cherche à déterminer si l’explication est héréditaire ou du milieu.

Dans sa méthode, Scarr sélectionne 101 familles blanche ayant adopté 130 enfants noirs et 20 enfants blancs. Par ailleurs, ces familles totalisent 145 enfants biologiques. Tous les enfants sont âgés de plus de 4 ans au moment de l’étude et vivent tous à proximité d’une grande ville. Tous les enfants ont été adoptés avant l’âge de 6 mois avec peu de pré-placements auparavant. La mesure du QI se fait par le WISC.

QI moyen

population noire

QI moyen
population blanche

QI moyen
enfants naturels

QI moyen
enfants noirs adoptés

QI moyen
enfants blancs adoptés

90

105

118.9

108.4

111.5

Le QI moyen des enfants noirs adoptés correspond au niveau moyen de la population blanche. Les facteurs environnementaux expliquent donc les différences observées au niveau de la population.

Conclusion :

On constate des ressemblances liées à une proximité génétique mais la proximité environnementale joue aussi un rôle. Il y aurait interaction entre ces deux facteurs.

 

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