Psychophysiologie : TD n°7 Introduction à la psychopharmacologie La pharmacologie est l’étude des propriétés des molécules. La psychopharmacologie en est une sous discipline (la neuropsychopharmacologie suit un peu le même principe). La psychiatrie biologique consiste à objectiver les troubles mentaux en étudiant les dosages de certaines substances dans le cerveau. Les psychotropes ont pour but la production (toxicologie) ou la réduction de troubles mentaux ou neurologiques. Historique : La psychopharmacologie a été créée en 1952 avec Jean Delay qui a découvert les premiers neuroleptiques. Certains psychotropes existaient déjà depuis longtemps mais n’étaient pas utilisés dans un but thérapeutique direct. Dans les années 1900, on pratiquait des thérapies de choc comme l’insulinothérapie : injection d’insuline pour plonger le patient dans un coma qu’on maintenait quelques heures puis on réveillait le patient en injectant de l’eau sucrée. Ceci provoquait un choc au sujet. La malaria thérapie consistait à transmettre le paludisme au sujet. On pouvait ainsi provoquer des grosses fièvres en supprimant le traitement en espérant provoquer quelque chose au sujet. Ces deux méthodes ont été complètement abandonnées. Seule la sismothérapie a été conservée (provoquer des troubles épileptiques par électrochocs) car elle est très efficace pour certains types de troubles. Deux définitions des psychotropes : - Substances chimiques, d’origine naturelle ou artificielle, qui ont un tropisme psychologique, c'est-à-dire qui sont susceptibles de modifier l’activité mentale sans préjuger du type de cette modification (Delay, 1957). - Drogues actives dans le système nerveux central. Evolution des médicaments (psychotropes) : - Amélioration par la galénique (présentation et mode d’absorption) de l’efficacité, de la commodité des molécules (diminution du nombre de prises, augmentation de la durée d’action). - Peu de nouvelles molécules. - Extension des indications. Classification des psychotropes (classification clinique de Delay) : « -leptique » signifie : qui déprime le fonctionnement d’un organe. - Psycholeptiques (sédatifs) : hypnotiques / anxiolytiques (barbituriques et benzodiazépines) ; neuroleptiques ; régulateur de l’humeur (lithium). - Psychoanaleptiques (stimulants) : stimulants (amphétamines, ecstasy, cocaïne) ; antidépresseurs (IMAO et tricycliques). - Psychodysleptiques : (perturbateurs) : LSD, héroïne, morphine, alcool, cannabis (thérapeutique) : substances qui perturbent l’activité mentale. Le cannabis thérapeutique : Il était proposé comme antidouleur (migraine, douleur chronique), anti-nauséeux (chimiothérapies), orexigène (redonner faim ; sida), myorelaxant (sclérose en plaque). Le taux de THC (tetrahydrocannabinol) est de 5 à 6%. L’évolution des patients va plutôt vers une consommation chronique. Ceci entraînerait une banalisation de la consommation de cannabis. Ce type de médicament existe déjà aux Etats-Unis : Dronabinol (Marinol, à base de cannabis) depuis 1985 sous forme de gélule. Mais beaucoup d’arguments s’opposent à son développement : - Aspect légal : lois anti-drogues féroces et incontournables aux Etats-Unis. - Aspect pratique : difficulté de production (mise en place). - Aspect médical : pas ou peu d’essais thérapeutiques car c’est un produit illégal. - Aspect pharmacologique : existence de médicaments plus actifs et surs. - Aspect politique : difficile de faire de l’anti-tabac et promouvoir le cannabis pour un gouvernement. - Faible efficacité thérapeutique et effets nocifs avérés (sujet à discussion). - Troubles de la coordination et de l’attention et aspect amotivationnel. - Risque de dépendance psychique (THC en concentration élevée). Facilités apparentes : Modification des mentalités et des structures asilaires : Dans les années 50, les patients sont globalement abandonnés dans les asiles. Il y avait internalisation : certains malades étaient enfermés à vie. Dans les années 60, on réalise que ce n’est pas une bonne chose. La sectorisation consistait alors à faire sortir les patients et les mettre en relation avec le monde (appartements thérapeutiques). Actuellement, ce principe est en panne ce qui a eu pour conséquence la pratique de l’externalisation : les hôpitaux ne peuvent pas garder les patients qui se retrouvent à la rue, voire en prison. L’incertitude thérapeutique persiste : Cette incertitude provient de la méconnaissance du fonctionnement des psychotropes. On se pose aussi la question de savoir si les psychotropes ont un effet sur la nosographie. Est-ce qu’une rechute se produisant lors d’un traitement n’illustre pas un autre tableau clinique ? |