Psychophysiologie : TD n°11&12 Les antidépresseurs Introduction : Leur prévalence est élevée : 5 à 12% des hommes et 9 à 26% des femmes. En France, ils concernent 6 millions d’individus soit 10% de la population, mais on ne sait pas dans quelle mesure. La dépression est une dégradation de l’humeur et de l’élan vital avec un rythme circadien désynchronisé, des troubles du sommeil, des perturbations intellectuelles, un ralentissement sur le plan professionnel. Les antidépresseurs sont long à agir (3 à 4 semaines) et il y a quelques effets secondaires. Ils restent un domaine de recherche très actif. Quelques exemples d’antidépresseurs : Stablon ® (effets variés) ; Anafranil ® (inhibiteur de la recapture de la sérotonine) ; Pertrofan ® et Ludiomil ® (inhibiteur de la recapture de la noradrénaline) ; Survecton ® (inhibiteur de la recapture de la dopamine) ; Prozac ® (inhibiteur spécifique de la recapture de la sérotonine : SSRI). Dépression et traitement : La dépression est épisodique. Un épisode non traité dure 6 à 24 mois et est suivi d’une rémission ou d’une guérison. 5 à 10% des sujets non traités ont des épisodes de plus de deux ans. Une curiosité de la dépression est qu’on en guéri toujours. Le traitement de la guérison suit le schéma suivant : Les facteurs de risque les plus importants pour un épisode dépressif récurent sont : - de multiple épisodes antérieurs. - des guérisons incomplètes des épisodes antérieurs. - des épisodes sévères, long. Chez les patients traités pour dépression, 67% répondent au traitement après 8 semaines (diminution des symptômes de 50%) et 33% ne répondent pas du tout. Avec l’utilisation de placebo, on a 33% de répondeurs et 67% de non répondeurs. Si on substitue l’antidépresseur, par un placebo, pour des répondeurs remis, on constate 50% de rechutes dans les 6 à 12 mois. Si on avait maintenu le traitement, on aurait eu seulement 10% de rechutes. Historique – Du Rimifon ® aux IMAO : Le Rimifon ® était un antibiotique (contre la tuberculose) et on a constaté qu’il produisait une certaine euphorie indépendante de la guérison. Son mode d’action est un IMAO : inhibiteur de la mono amine oxydase (enzyme destructrice de neurotransmetteurs) qui provoque une hausse du taux de sérotonine, de dopamine et de noradrénaline. Il faut ensuite attendre 15 jours minimum pour reproduire des MAO utiles au contrôle de la pression artérielle. L’humoyl ® est un inhibiteur sélectif et réversible de la MAO A, laissant la MAO B intacte. L’inhibition dure quelques heures. Modèles animaux : Si on met une souris dans un récipient rempli d’eau, elle alterne recherche active de solution (nage) et phase d’attente (ne nage plus). Si on donne des antidépresseurs à la souris, il y aura augmentation de la proportion de nage. De même, suspendue par la queue, la souris alterne des mouvements pour s’échapper et des phases immobiles. L’antidépresseur aurai aussi l’effet d’augmenter les phases actives. On fait aussi des expériences où l’on administre des petits stress, tout au long de la journée, à une souris et les antidépresseurs auront aussi un effet sur ces conditions. Autres méthodes : La luminothérapie a des vertus antidépressives comparables aux antidépresseurs. On a constaté un phénomène de dépression saisonnière mais qui n’est pas massif. Le délai d’action de la luminothérapie est court. La méthode de privation de sommeil est aussi efficace. Elle consiste à faire passer une nuit blanche ou réduire le temps de sommeil tous les jours à des dépressifs. On peut aussi mentionner l’acupuncture, l’astrologie, l’animal de compagnie, l’hilarothérapie, l’homéopathie, le magnétisme, le sport, le yoga, la psychothérapie et la psychopharmacologie. Cependant, « la sismothérapie reste, après 55 ans de pratique et presque autant de dénigrement, la thérapeutique la plus efficace des dépressions graves ». Hors du schéma chimio-physique, on a aussi les thérapies cognitivo-comportementales. Les antidépresseurs comme antidouleur : Ils sont indiqués pour certains patients souffrant de douleurs chroniques, non répondeurs aux autres traitements. Ils sont utilisés en dose moindre que pour la dépression et le délai d’action est plus court. Les psycho-stimulants : La Ritaline ® (méthylphénidate) est une amphétamine indiquée pour les enfants hyperactifs avec déficit d’attention. L’effet est favorable à court terme (performances scolaires) mais c’est un traitement symptomatique et non curatif. 25% des enfants traités ne tirent aucun bénéfice du traitement par la Ritaline ®. Les psycho-stimulants ne sont pas indiqués pour la dépression, les conduites anti-sociales, les troubles anxieux, les tics. |