Psychologie du développement : TD n°5

La connaissance du monde physique chez le bébé

Études des expériences synthétisées par Baillargeon et Wang (2002) :

Quel est le principe de la méthode utilisée tout au long de cet article ? (Étapes clés de la procédure, mesures et passage des mesures à l’interprétation des capacités cognitives du bébé) :

On va construire toute une série de méthodes mettant en jeu le temps d’attention du bébé face à des stimuli extérieurs afin de différencier ce qu’il considère comme nouveau ou habituel. Ici la méthode utilisée est celle de la transgression des attentes.

On présente au bébé des évènements possibles et impossibles. On va mesurer le temps d’attention visuelle pour évaluer la surprise de l’enfant en fonction des évènements et ainsi savoir ce qu’il considère lui-même comme normal (ce à quoi il a été familiarisé au préalable) ou inattendu.

Plus précisément Baillargeon en déduit que le bébé :

-          possède l’attente considérée

-          détecte la transgression de cette attente

-          est intéressé ou surpris par cette transgression

Le bébé est donc capable de catégoriser les évènements du monde sur telle ou telle dimension physique (ex : relation devant / derrière, concept de contenant, de support …).

Que nous apprennent les différentes expériences ? Quels concepts le bébé maîtrise-t-il et dans quel ordre ?

Le bébé n’a pas la même appréhension des évènements en fonction de leur nature.

Exemples :

-          La hauteur pour la relation devant / derrière n’est pas maîtrisée (ce qui s’exprime par l’absence de surprise face à l’événement impossible de cette relation) au même âge que pour celle de contenant. À 4 mois et demi les bébés font la distinction pour la première relation mais pas la deuxième, acquise vers 7 mois et demi.

-          Recouvrement et contenant : la variable hauteur pour le recouvrement est acquise plus tard (12 mois) que pour le contenant (7 mois et demi).

-          Transparence avec occlusion ou contenance : 7 mois et demi pour l’occlusion (si un objet qu’on a placé derrière un cadre transparent n’est pas présent : événement impossible) et 10 mois pour la contenance (idem avec un cube en verre).

Quand l’enfant traite un problème il fait appel à certaines connaissances, en fonction de la catégorie du problème. S’il rencontre, peu après, d’autres problèmes de même catégorie, il peut remobiliser ces connaissances.

Exemple : On présente à des bébés de 8 mois, la variante hauteur dans la relation devant / derrière puis on procède à un recouvrement faisant intervenir cette même variable : cette fois-ci, l’enfant détecte l’événement impossible.

Il y a effet eu effet d’amorçage sur certaines variables. Mais l’inconvénient dans la succession de la mobilisation de connaissances c’est qu’elle peut conduire à des erreurs. C’est ce qui est montré quand on change la familiarisation du début : relation de contenance ou devant / derrière puis on présente un événement impossible avec contenance. La transgression est mieux détectée dans le cas où une même catégorie a été présentée avant.

L’enfant repère donc dans quelle situation il se trouve et fait appel aux connaissances relatives à cette condition : persévérance. Si la situation est nouvelle (de son point de vue) il doit faire appel à toute son attention.

Il y a donc :

-          reconnaissance d’une catégorie, d’une situation

-          mobilisation / activation des connaissances qui y sont relatives

Avec la permanence de l’objet (on montre un objet qu’on met derrière un cache, puis on fait de même avec un deuxième ; on abaisse le cache et il ne reste qu’un des deux objets, soit dans un cadre vide, soit derrière un cadre transparent) : l’enfant réussit mieux à détecter la transgression quand il y a un cadre transparent. Ceci s’explique par le fait que le début de l’expérience mettait en jeu la situation devant / derrière et donc l’enfant réussi mieux dans cette même situation (relation devant / derrière avec le cadre transparent) où il réactive un même type connaissance, que dans une autre relation (vide) où il doit grouper deux types de connaissance.

Les auteurs insistent sur la catégorisation des situations (qui n’apparaissent pas comme différentes pour l’adulte) chez le bébé.

En quoi les résultats de ces recherches divergent-ils par rapport aux positions de Piaget sur le développement du bébé ?

Il y a beaucoup plus de compétences chez le bébé que le pensait Piaget, même si leur processus de construction reste constructiviste. C’est surtout à travers l’observation que le bébé va acquérir les premières connaissances quand il ne peut pas encore le faire par l’action et la manipulation. Il y a aussi décalage dû au contexte entre certaines connaissance.

 

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