Psychologie du développement : CM n°6 Le cognitivisme développemental Étude des capacités de traitement imagé des objets (les images mentales) Le développement figuratif étudié par Piaget et ses liens avec les opérations de l’intelligence logico-mathématique (opératif) : pour Piaget, le développement figuratif est subordonné au développement opératif (par exemple : pas d’image mentale de rotation avant connaissance du système par sériation). On a remarqué que le temps de réaction d’un adulte pour caractériser une rotation est d’autant plus grand que l’angle de rotation est élevé. Pour Kosslyn, les enfants ont recours aux images mentales. Par exemple, pour die combien de roues possède une voiture, l’adulte utilise ses connaissances et l’enfant l’image mentale en comptant les roues. Les enfants ont la même fonction linéaire temps-angle que les adultes d’après des expériences. Le développement des images mentales n’apparaît donc pas comme subordonné à celui des sériations. Les grandes théories reculent donc et celles qui les remplacent sont plus locales et sont parfois liées à certaines situations expérimentales ou tranches d’âge. La psychologie du nourrisson : Méthodes : Rappel : - Observation classique - Introduction du film avec Gesell - Observation-intervention piagétienne - Entrée du bébé en laboratoire Le conditionnement : Dans les années 60, Papoušek (Russie) a eu l’idée de tester le conditionnement chez le bébé. Par exemple : un bébé pouvant facilement bouger la tête a à sa gauche de l’eau et à sa droite du lait. Au bon d’un moment il se tournera systématiquement vers la droite. Puis, Rover-Collier (USA) a mis au point une expérience où le nombre de coups de pied donnés par un bébé est mesuré. Il augmente quand le bébé est lié à un portique au-dessus de son berceau. De plus il a mis en évidence la mémoire par la reconnaissance de jouets avec l’augmentation du nombre de pédalements du bébé. La préférence visuelle : - Fantz (USA) : on présente une boule et un rond à un bébé et celui-ci arrive à faire la différence. Il voit donc en relief. - Préférence pour le visage humain (plutôt qu’un visage désordonné) vers 4 mois. - Les bébés ont une activité visuelle plus réduite (test avec des surfaces rayées et unies où le bébé ne fait pas la différence). - Temps de fixation relatif : si deux figures identiques sont montrées puis deux figures différentes, le bébé regarde plus longtemps ce qui est nouveau. (On ne tient pas en compte les cas de bébé qui regarde toujours d’un seul coté). L’habituation : On met un bébé devant un écran et on filme (derrière) ce qu’il regarde. Au début, il regarde beaucoup. On définit comme référence la moyenne des trois premières fois et comme critère d’habituation la moitié de la référence. On remarque que les tests familiers restent sous le seuil du critère d’habituation alors que les nouveaux remontent au-dessus. Il y a donc intérêt du bébé pour le nouveau. Evénement impossible : on montre un volet qui bascule à 180° puis on ajoute un cube derrière le volet. Deux évènements sont alors présentés : le volet s’arrête sur le cube ou il passe à travers. Les bébés regardent plus longtemps l’événement impossible. Ils prennent donc en compte le cube qu’ils ne voient plus au moment où le volet est devant (permanence de l’objets plus tôt que selon Piaget). Conclusion : Les bébés regardent plus ce qui est nouveau, ce qui leur paraît étrange et ce qui est structuré, que ce qui ne l’est pas. Catégorisation : Les bébés sont-ils capables d’extraire un invariant ? On montre quatre boules puis quatre carrés et ensuite on va montrer trois boules puis quatre triangles. Le bébé fixe plus longtemps les trois boules. Il a extrait l’invariant du nombre (quatre) et est donc déjà familiarisé avec (donc regarde plus longtemps ce qui est nouveau). Le bébé possède donc la capacité de catégorisation. Nativisme : Il tire son origine de la gestalt. Selon lui, les structures perceptives sont innées. - Chomsky : le langage ne peut pas faire l’objet d’un apprentissage car son acquisition est trop rapide. Il s’agit donc d’une structure innée. - Tom Bower : c’est le premier à s’opposer à Piaget de point de vue théorique. Sur la coordination vision-préhension il met en évidence l’atteinte manuelle précoce. De plus, les nouveau-nés seraient capables d’anticiper la collision et seraient très surpris de ne pas rencontrer un objet virtuel. Ceci a été confirmé par William Ball : si on représente un objet qui s’approche sur un film, le bébé recule la tête et peut se mettre à pleurer. Bower est le premier opposant à Piaget, il a participé au changement des méthodes et a été très critiqué (parfois trop). Selon Bower, il y a d’abord un état initial amodal chez le bébé puis différenciation puis coordination. Il se pose la question de savoir si les lois de la gestalt sont innées. Exemple de la loi de bonne continuation : On présente une bande noire devant un figure (qui ressemble à un triangle). Le bébé fera la bonne généralisation en reconnaissant un triangle plutôt que d’autres formes comme une figure discontinue ou une figure croisée. Bower en conclut que ce n’est pas inné mais vite appris. - Mehler : c’est un innéiste radical. Il cherche à retrouver les invariants entre le fonctionnement cognitif du nouveau-né (état initial) et l’adulte (état stable). Il ne veut pas laisser de côté les détails du développement. Pour lui, toute acquisition de structure nouvelle est impossible. L’apprentissage encyclopédique reste ouvert (le langage est inné mais la langue est apprise). Il peut y avoir, par contre, désaprentissage comme celui de la perte de capacité de discrimination (des sons de toutes les langues du monde par exemple) ou les babils du bébé, qui comprennent tous les sons. Le problème posé par sa théorie concerne les compétences du fœtus : l’état initial n’est donc pas initial. D’ailleurs, l’état initial n’est pas un état car il y a changement très rapidement, presque tous les jours chez le bébé. De plus, l’état stable n’est pas vraiment stable. - Elizabeth Spelke : c’est une nativiste moins extrémiste et plus représentatif. Elle s’intéresse à la notion d’objet : unité, permanence, identité. Par exemple : un bâton bouge derrière un carré. On montre ensuite le bâton entier et deux bouts de bâton. Le bébé s’intéresse aux deux bouts qu’il considère donc comme nouveaux. Il y a donc unité de l’objet mais elle n’apparaît que vers deux mois (donc pas innée) ce qui pose un problème pour les nativistes. Retour du développement : Renée Baillargeon : l’empirisme perceptiviste. Elle commence à travailler avec Spelke mais elle montre que les bébés font très vite des apprentissages. Par exemple : un bébé sera surpris vers deux mois si une boîte ne tombe pas quand elle n’a plus de contact avec son support. Par contre il ne sera pas surpris s’il y a contact vertical (acquis vers 5 mois). De même si la boîte est très au bord (acquis vers 6 mois et demi). Vers 12 mois il sera étonné dans le cas de distribution proportionnelle (déséquilibre dû au poids). Par contre, si on leur apprend visuellement que ça doit tomber, ils seront surpris avant : il y aura donc eu apprentissage. |