Psychologie du développement : CM n°2 Les précurseurs : Au départ on pensait que l’âge de raison d’un enfant ne commençait qu’à sept ans. La question c’est donc posée de savoir comment faire une psychologie d’un être qui ne pense pas (pour les enfants de moins de sept ans). L’observation et notamment la biographie en a été la réponse, pratiquée par Tiedeman, Preyer, Darwin et Galton (son cousin). Il s’agit d’une approche empirique, tâtonnante et non-formalisée et qui passait par le biais de l’admiration de l’observateur pour le l’observé en n’évitant pas toujours le côté anecdotique de la biographie. (Par exemple : Preyer qui voulait absolument que son enfant reconnaisse les couleurs n’a obtenu satisfaction, malgré son insistance, qu’à partir de l’âge de 4-5 ans. Il en a conclut que les enfant ne pouvait pas reconnaître les couleurs avant 4-5 ans, ce qui est faux). Darwin : Il a beaucoup observé ses congénères, en particulier ses enfants et a proposé une théorie des émotions (qui a été contestée mais qui effectue un retour actuellement). Binet : Il était à la fois théoricien et praticien. Il a fait passer de petites épreuves expérimentales dans une situation à peu près similaire pour tous et dans lesquelles il observe quelqu’un d’autre (ce qui est nouveau à l’époque). D’après ces études (particulièrement sur ses deux filles Marguerite et Armande) il en a conclut qu’il existait deux types d’intelligence : mathématique et littéraire. Binet a aussi effectué des tests. Il voulait adapter l’école aux difficultés des élèves en détectant les élèves en difficulté pour les placer en écoles spécialisées. Il a voulu voir le rapport entre la mesure des crânes des élèves et leur niveau scolaire en effectuant une craniométrie. Mais s’apercevant que l’écart faibles-bons était plus petit avec ses mesures que pour d’autres (sur une même classe) il en a conclu que ces résultats étaient basés sur une autosuggestion. Il a aussi étudié les temps de réaction pour définir l’intelligence (ce dont il n’était pas convaincu) et Wissler a montré par la suite qu’il n’y avait pas de corrélation entre craniométrie et temps de réaction. Il va prendre des épreuves pratiques (de la vie quotidienne ou scolaire) pour définir l’intelligence et va ainsi définir la notion d’âge mental en hiérarchisant les épreuves par âge. Il appelle son test : test d’intelligence, et celui-ci aura beaucoup de succès, notamment aux Etats-Unis (vers 1910). Binet est un précurseur dans deux domaines : ses études qui déboucheront sur celles de Piaget et ses les tests de QI. Freud : Ce n’est pas un développementaliste mais sa théorie nécessite une « reconstruction » de l’enfance. Il a joué un rôle pionnier dans l’attribution de capacités cognitives précoces (mémoire chez l’enfant de moins d’un an) et de référence en psychologie du développement. Gesell : Il a joué un rôle dans la méthodologie de recherche du développement chez l’enfant en introduisant l’observation systématique (sans intervention du chercheur) qui est communicable, reproductible et vérifiable (à l’inverse des observations fortuites). Le principal problème est la fiabilité de l’observateur (personnalité, compétences) et que sa présence est tout de même source de variation (relation avec lui). Gesell a donc eu l’idée de filmer un grand nombre d’enfants pour éviter ses biais mais le point de vue change en fonction de la manière de filmer. Les origines de sa thèse viennent de deux démarches : - normative : dans un dôme, il filme les comportements chez l’enfant sous deux angles, dans le but d’une standardisation maximum. - naturaliste : il filme l’enfant dans ses conditions habituelles de vie. Depuis le développement de la vidéo, cette méthode s’est largement développée, permettant d’avoir le point de vue de plusieurs chercheurs (qui ne connaissent ni les hypothèses, ni les conditions de passation) sur une même expérience. Gesell a collecté un grand nombre de données depuis la naissance à l’adolescence, de l’enfant normal et pathologique, qui lui ont permis d’établir des normes, des étapes de développement conduisant à la construction de tests (notamment pour bébés). Il a popularisé cette démarche du test pour dépister les enfants à retard de croissance physique et motrice. Il est le pionnier du maturationnisme et l’opposant du béhaviorisme. Il a été très influencé par la théorie de Darwin et a déclaré que le développement de l’enfant n’est que le résultat de la maturation nerveuse. Son hypothèse de base est : la croissance mentale se fait de manière synchrone avec la croissance organique (basée sur les descriptions de la progression ordonnée du développement moteur du bébé, le développement sensori-moteur). Il en déduit une chronologie (mais sa théorie présente une certaine subjectivité). Pour lui, la pensée évolue comme le système nerveux chez l’enfant. Il prend comme exemple des jumeaux : il apprend à l’un d’eux à monter les escaliers pendant que l’autre fait autre chose. Pourtant les deux vont réussir à monter les escaliers au même âge. (Mais l’expérience n’est pas totalement fiable). Critiques des théories de Gesell : - S’il y a des compétences innées c’est que la maturation du système nerveux central n’est pas nécessaire. - On ne comprend pas les processus sous-jacents de développement, autres que la maturation du système nerveux central. De plus, la neurologie a montré une influence de l’environnement sur le développement du cerveau. Watson : Rappel de notions : Empirisme associationniste (philosophie) : toutes nos pensées et notre intelligence viennent de nos sens, de notre perception du monde. L’apprentissage se fait par association (d’une image à un événement). Rationalisme : les idées sont en nous et la connaissance vient de nos raisonnements. On note une ambiguïté sur le terme empirisme : l’empirisme est une position théorique alors que des données empiriques viennent de l’observation faite par des empiristes. L’empirisme des sens chez Watson s’oppose à Gesell ; pour lui le développement est dû à l’action d’apprentissages et donc rien n’est inné. Chez Watson, les bébés ont trois émotions : la peur (due à un bruit violent), la rage (due à l’entrave du mouvement) et l’amour (dû au bercement). Par contre les bébés n’ont jamais peur des animaux et il en déduit que ce sont les adultes qui apprennent cette peur par des situations et des conditionnements. (Par exemple : son fils Albert à entendu un bruit en regardant une peluche, ce qui a provoqué une peur de l’enfant pour cette peluche puis pour toutes les peluches). Le conditionnement joue un rôle primordial dans le développement ainsi que le milieu familial. Il émet le fait que l’ont peut faire ce qu’on veut d’un enfant quelques soient ses talents particuliers (ce qui est faux). Deux concepts importants proviennent de Watson : la liaison Stimulus-Réponse et la boîte noire (à laquelle il ne s’intéressera pas). C’est un béhavioriste. Skinner en est aussi un et a montré à travers des expériences sur rats et pigeons (avec la boîte de Skinner) que le renforcement va favoriser le développement des conditionnements. Pour lui le milieu renforce les conduites mais ne les crée pas (contrairement aux pensées de Watson), il sélectionne : entretient ou élimine. Skinner a développé l’enseignement programmé où l’activité correcte est sollicitée par renforcement. Le béhaviorisme est principalement une psychologie de laboratoire contrôlant l’émergence des réponses mais tout ne s’explique pas par la liaison S-R. Les méthodes sont bonnes mais pas la théorie. (Par la suite c’est le cognitivisme qui s’intéressera à la boîte noire). |